Théodore Hersart de La Villemarqué

Peinture d'Alexandre Le Bihan vers 1884

Collection particulière, cliché P. Sicard, Musée départemental breton

Né à Quimperlé le 6 juillet  1815, Théodore Hersart de La  Villemarqué partage son enfance entre cette ville et la campagne de Nizon, près de Pont-Aven, où ses parents possèdent le manoir du Plessix. Député du Finistère en 1815, son père, Pierre Hersart de La  Villemarqué, occupe à partir de 1822 le poste de sous-préfet de Quimperlé. Sa mère, Ursule Feydeau de Vaugien, la «  dame de Nizon  », est très appréciée de ses fermiers de Nizon et la légende familiale veut qu’en échange des soins qu’elle leur prodigue, elle ait été «  payée  » en retour par des chansons. C’est elle qui aurait donné le goût de la collecte de chants bretons au plus jeune de ses deux fils, qui lui est affectivement très attaché. Après ses études aux collèges de Sainte-Anne-d’Auray (1824), de Guérande (1828), puis de Nantes (1830), celui-ci gagne la capitale à la fin de 1833, baccalauréat ès lettres en poche, et s’inscrit comme élève libre à l’École des chartes. Il fréquente les bibliothèques et a ses entrées dans les salons littéraires, où figure en bonne place son «  cousin  » François-René de Chateaubriand.

À Paris, il fait la connaissance d’autres jeunes Bretons, dont le poète Auguste Brizeux, qui se réunissent régulièrement autour de Le Gonidec, le rénovateur de la langue bretonne. Le milieu des années 1830 est l’occasion de banquets bretons où s’expriment des revendications identitaires. La Villemarqué lui-même s’y montre quelque peu virulent dans les odes qu’il compose pour la circonstance et dont on retrouve la teneur en introduction à « Un débris du bardisme », article publié en mars 1836 dans la revue catholique L’Écho de la Jeune France, où il fait paraître son tout premier chant, « La peste d’Elliant ». Persuadé que les gwerzioù permettent encore de retracer une histoire de la Bretagne dont on ne fait que peu de cas dans l’histoire générale de la France, il a commencé, dès 1833-34, à noter sur des carnets des chants de la région de Nizon, avant d’élargir son terrain d’enquête vers la Haute-Cornouaille.

Auteur : Fañch Postic ; CRBC / novembre 2016.